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Le Projet ARTPRENA a formé 100 jeunes et femmes des partis politiques et 50 cadres administratifs et politiques à la gouvernance politique

Le Projet ARTPRENA (Art pour la Réconciliation Nationale) est une initiative mise en route depuis le 1er octobre 2016 par l’Association Heinrich Klose et ses partenaires avec le financement de l’Union européenne. C’est un projet composé de plusieurs phases dans son exécution, avec comme objectif : utiliser la culture et les arts comme instrument du processus de réconciliation nationale au Togo. Le Projet ARTPRENA tire ses racines dans les recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) notamment en ce qui concerne le rôle des acteurs sociaux dans la mise en œuvre du processus de réconciliation.

Cette année 2019 marque le dernier tournant du projet et plusieurs activités rythment en ce moment son existence. La toute dernière en date, est une série de sessions de formations qui a sillonné du 14 au 22 Mars 2019, toute l’étendue du territoire togolais à la rencontre des jeunes et des femmes des partis politiques. Ces différents ateliers qui se sont déroulés respectivement à Lomé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong ont eu pour thème : «Participation des jeunes et des femmes à la gouvernance politique».

Outre les connaissances pratiques en bonne gouvernance politique, ces formations ont constitué un tremplin pour une étude du cadre légal et institutionnel des partis politiques à travers une analyse et une évaluation du mode de fonctionnement et des besoins des partis politiques au Togo en lien avec la participation des jeunes et des femmes à la gouvernance au sein des partis politiques.

Travaux pratiques avec les cadres administratifs

Le 15 mars 2019 à Lomé, c’était le tour des cadres administratifs venus de différents ministères. Le périple dans le Togo profond pour former les jeunes et les femmes à la gouvernance politique a connu son summum avec l’étape de la région des Savanes ce vendredi 22 mars 2019. En référence aux événements douloureux qu’a connu le Togo et aux premiers résultats des ateliers de formations, on peut estimer que le Togo est sur une bonne voie en vue d’une réconciliation de ses fils à en croire les participants dont voici quelques témoignages :

« C’est une grande opportunité pour moi de participer à un atelier qui entre dans le sens du processus de la réconciliation nationale. Vous n’êtes pas sans savoir que notre pays le Togo a traversé des moments très difficiles depuis les évènements de 2005 d’où la nécessité d’aller à cette réconciliation qui est une très bonne chose. Le projet ARTPRENA vient à point nommé pour mettre ensemble les Acteurs culturels, les professionnels des médias et les acteurs politiques que nous sommes à apporter leurs contributions à l’effectivité  de la réconciliation dans notre pays le Togo ». Roger AZONDJAGNI – PDP / Lomé.

Mme HEYOU Assima Essodéké – Ministère de la Culture dira : « Nous avons été formés sur la gouvernance locale ainsi que la justice transitionnelle. A propos de la gouvernance locale, nous avons pris connaissance des acteurs de la décentralisation. Nous avons également été outillés sur le rôle que les femmes et les jeunes doivent jouer dans la gouvernance locale. A propos du processus de réconciliation nationale, le gouvernement a déjà amorcer certaines étapes et devrait poursuivre le processus pour la satisfaction des victimes ».

N’TCHA N’Koa – coordonnatrice du Réseau des Cadres Culturels du Togo : « … A propos du processus de réconciliation, je crois que le gouvernement en a beaucoup fait et les différents acteurs, notamment les acteurs de la société civile ont joué leur partition et je crois que les citoyens que nous sommes devons chacun à son niveau, apporter sa contribution pour que ce processus puisse atteindre les objectifs que nous attendons tous ».

KOUSSEIGNEMA Alain – ADDI / Niamtougou : «Je remercie les organisateurs de cet atelier, car je suis ravi d’avoir appris beaucoup de chose au cours de cette journée. Ce qui me va droit au cœur c’est la réconciliation et la fraternité entre nous. Grace à cet atelier j’ai compris qu’il n’est pas bon de refouler son frère à cause de son appartenance politique, mais qu’il est bien de garder une cohésion sociale, entre nous puisque que nous sommes tous d’un même pays le Togo ».

MINLEKEB Gnanlegue – UNIR / Dapaong : « Le travail en atelier nous a beaucoup enseigné sur la vie politique du Togo. Le vivre ensemble que nous sommes en train de cultiver dans la région des savanes. Ensuite les débats entre les hommes et celui entre les femmes nous a beaucoup enrichi. Nous pensons que si de tels ateliers étaient organisés régulièrement nos capacités seront mieux renforcées pour qu’on agisse mieux sur le terrain politique ».

DOUTI Pouguinipo – CDPA/ Kpendjal : « La formation m’a apporté beaucoup de connaissance. Sur le plan politique la cohabitation entre les partis dans la savane n’est pas aisée. A chaque fois qu’il y a élection c’est toujours des problèmes au point où on ne se salue même pas. Mais à partir d’aujourd’hui je vois mon adversaire comme mon frère. Je tiens à remercier l’Association Heinrich Klose et son partenaire financier l’Union européenne. Je prie les uns et les autres de mettre en pratique les enseignements que nous avons reçus pour le développement de la région des savanes ».

TINDANE Robert – MPDD / Dapaong : « Avant cette formation, je me disais qu’en voyais mon adversaire politique ici, lui tendre la main, voir même lui serré la main, me serait difficile. Parce qu’on ne se saluait jamais. Mais en ce jour avec cette formation mon adversaire politique a surpassé tout cela et m’a même promis une bière, quoi de plus que cette gaieté, je prendrais cette bière avec deux mains que je vais boire à cœur ouvert et je vais divulguer l’information que j’ai reçu aujourd’hui à qui de droit et même demander à ce qu’on en fasse plus…».

Andou Issa – UNIR / Dapaong : « Moi je pense qu’en matière de parti politique, il y a parfois des rigidités, on est parfois rigide sur nos positions et il y a parfois l’incompréhension qui nait et ces incompréhensions crées des distanciations. Je pense aujourd’hui il y a eu rapprochement nous sommes tous frères et l’adversaire politique n’est pas un ennemi de ce fait nous allons tous œuvrer au développement de notre pays ».

 

Bernard BOKODJIN – Formateur : « Nous avons travaillé avec les jeunes acteurs politiques ainsi que les cadres de l’administration sur les questions de justices transitionnelle de réconciliation nationale et de gouvernance locale.

On peut noter que les participants étaient très enthousiastes et ils étaient très contents de se frotter avec ces notions. Ça leur permet de comprendre le contexte et l’évolution de notre pays. Surtout lorsqu’on prend la justice transitionnelle qui est un processus très complexe et très difficile. Souvent on juge de l’extérieur sans savoir vraiment comment ça se passe.  Quant au contenu, nous avons abordé les piliers de la justice transitionnelle que sont: le droit de savoir ; le droit à la justice ; la garantie de non répétition ; le droit à la réparation. Cela leur a permis de comprendre à quel niveau se trouva le Togo dans ce processus et depuis la CVJR, ce que le HCRUN est en train de faire pour la mise en œuvre des recommandations.

Nous avons aussi abordé les questions de gouvernance locale et de décentralisation parce que le Togo est engagé dans ce processus actuellement. Ceci leur permet de faire la différence entre la décentralisation et la déconcentration, quelles sont les enjeux de ce processus, quel est le rôle des élus locaux et des citoyens. C’est aussi important de découvrir les enjeux politiques, économiques administratifs et socioculturels. Les questions de transfert de compétences. Avec les acteurs politiques, nous avons aussi abordé les questions de souveraineté en parlant de l’Etat et la République. Ceci Pour leur permettre de savoir, quand on parle d’une République, quand on parle d’un Etat de droit et d’une démocratie, quelles sont les règles et quels sont les éléments à prendre en compte quand on parle d’un Etat de droit. En tant qu’acteurs politiques, ils doivent maitriser ces éléments parce qu’ils aspirent à gouverner demain. On peut déjà noter une satisfaction parce que les participant eux-mêmes trouvent que les contenus et la méthode de travail leurs permet de vraiment apprendre. Ils sont contents et c’est ce qui est important pour nous, de pouvoir continuer à les nourrir pour que cette couche de la population pu sse maitriser le contexte dans lequel le Togo évolue actuellement ».

Donner une nouvelle chance à la réconciliation et un nouveau départ pour bâtir notre cité, le Togo, terre de nos aïeux !

Participants atelier Région des Savanes

 

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Evan GNANDI

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